M. pour must read !

giordano-paolo-la-solitude-des-nombres-premiers.www.jesuislinsolente.com

Depuis que je vis à 10 minutes de mon lieu de travail, je ne lis plus. C’est vrai que les 45 minutes passées à me faire marcher dessus, voire parfois me faire insulter dans le métro ne me manquent pas. L’avantage c’est que quand je réussissais à batailler pour trouver une place assise, je pouvais plonger le nez dans mon bouquin et ignorer les regards haineux des gens, prêts à bondir pour prendre ma place. J’avoue avoir parfois fait semblant de fermer mon livre, alors que j’avais encore quelques arrêts à attendre, pour observer les deux personnes devant moi se lancer un défi silencieux du premier qui prendra ma place.
Bref, tout ça pour dire que depuis que je ne prends plus le métro le matin, ma consommation de livres et magazines a chuté. Certains se diront peut-être qu’il est possible de lire le soir, tranquille à la maison. J’ai étudié la question et non, j’ai bien peur que ce soit impossible. Pourquoi ? Quatre mots : canapé Ikéa premier prix ! J’imagine déjà le sourire de ceux qui partagent ma souffrance. Qui peut lire plus de vingt minutes dans ce canapé extrêmement inconfortable ? Et je vous explique même pas la nuit que j’ai passé quand j’ai dû dormir dedans. (never again!)
Lire au lit pourrait être une autre option mais le problème inverse se pose; mon lit est tellement comfy que je m’endors illico.

Non, non il fallait trouver une solution durable et satisfaisante ! Du coup, j’ai décidé de diviser le problème en deux : le vendredi après le travail c’est Café Latte chez Starbucks avec un magazine (le plus souvent le Elle que « j’empreinte » au bureau) et le samedi c’est un coffee shop de mon choix (oui parce que j’ai aussi une passion pour les coffee shops et salon de thé) avec un bon livre. Et c’est justement là où je veux en venir.

Trouver un bon livre c’est pas très facile, mais récemment j’ai lu de très belles choses.  Aujourd’hui j’ai eu envie de partager avec vous un de mes coups de coeur. Ce livre n’a pas beaucoup fait parler de lui et c’est bien dommage. J’ai nommé le grand Paolo Giordano avec son premier roman La solitude des nombres premiers (La solitudine dei numeri primi en VO).

« A un cours de première année, Mattia avait appris que certains nombres premiers ont quelque chose de particulier. Les mathématiciens les appellent premiers jumeaux : ce sont des couples de nombres voisins, ou plutôt presque voisins, car il y a toujours entre eux un nombre pair que les empêche de se toucher vraiment. Des nombres tels que le 11 et le 13, tels que le 17 et le 19, le 41 et le 43. Si l’on a la patience de continuer, on découvre que ces couples se raréfient progressivement. On tombe sur des nombres premiers de plus en plus isolés, égarés dans cet espace silencieux et rythmé, constitué de seuls chiffres, et l’on a le pressentiment angoissant que les couples rencontrés jusqu’alors n’étaient qu’un fait accidentel, que leur véritable destins consiste à rester seuls. Mais au moment où on s’apprête à baisser les bras, découragé, on déniche deux autres jumeaux, serrés l’un contre l’autre. Les mathématiciens partagent la conviction que, pour autant qu’on puisse poursuivre cet exercice, on en trouvera toujours deux autres, même s’il est impossible de déterminer où jusqu’à ce qu’on les découvre.
Mattia pensait qu’Alice et lui étaient deux nombres premiers jumeaux, isolés et perdus, proches mais pas assez pour se frôler vraiment. »

C’est l’histoire d’une belle rencontre entre Alice et Mattia, deux adolescents profondément seuls et traumatisés par le passé. Le roman déroule le fil de leur amour preque fraternel de l’adolescence à l’âge adulte. Ils grandissent mais ne perdent jamais le lien fort qu’il y a entre eux. C’est leur singularité qui fait qu’ils sont si proches et en même temps si loin. Ce premier roman est plein de poésie et de mélancolie (un peu comme les films de Sofia Coppola).

L’adaptation du livre au cinéma par Saverio Costanzo est aussi très bien (chose rare). C’est la première fois que je lis un livre et que j’apprécie le film aussi. Généralement le livre est 10 000 fois mieux que le film. C’était le cas pour La Délicatesse de David Foenkinos (autre gros coup de coeur) et La Vie d’une autre de Frédérique Deghel, que j’ai dévoré en 2 jours (chose encore plus rare).

Alors si vous ne savez pas quoi lire dans le métro, sur la plage, dans votre canapé confortable, ou avant de vous coucher, n’hésitez plus, vous ne serez pas déçus !

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